laterredespharaons03Suivant les traces du maître en la matière Cecil B. De Mille, beaucoup de réalisateurs américains de la même époque voulurent réaliser leur propre péplum. Howard Hawks put s’y exercer au même titre que Robert Wise ou Michael Curtiz. Le sien a pour nom La Terre des pharaons. Il retrace le processus de construction du tombeau de Chéops, pharaon d’Egypte, par un architecte prisonnier de guerre, Vashtar. Pendant ce temps au palais, Nellifer, princesse de Chypre devenue deuxième épouse, cherche à enclencher la chute du souverain afin de pouvoir profiter de ses richesses. 

laterredespharaons04Le film, entièrement tourné en Egypte et à Rome, semble être de trop grande envergure pour un cinéaste tel que Hawks qui a toujours manifesté un certain souci du détail. L’aventure implique l’utilisation du Cinémascope, l’intervention de centaines de figurants, et tant d’autres avantages pouvant devenir des inconvénients. Le risque : que la tâche dépasse l’homme. Mais il n’en est rien car le but premier du cinéaste, aussi étrange que cela puisse paraître, est d’aborder le sujet sous un angle aussi réaliste que possible. Hawks cherche à capter l’idéologie égyptienne du moment, sacrifiant ainsi la majorité des artifices du genre. La valeur conférée au trésor du pharaon ou au chant des ouvriers ne sont pas anecdotiques mais participent bel et bien d’un effet d’authenticité. Le scénario semble adopter la forme d’une pyramide, celle là même qui est édifiée sous la direction de Vashtar. Efficace et dynamique, il sert avec entrain l’intention du réalisateur. En résulte un film dénué d’humour (élément plutôt rare dans l’œuvre du cinéaste) car préférant œuvrer à un idéal de sagesse, de grandeur.

laterredespharaons05Et pour cause, le cinéaste traite ici le grand thème de la mort. Le pharaon Chéops passe sa vie à préparer son voyage vers l’au-delà. Sa deuxième épouse, la traîtresse Nellifer, malgré sa victoire apparente, chutera de haut face à une Egypte qu’elle a voulu conquérir mais dont elle ne respectait ni la puissance ni les codes. Certes, La Terre des pharaons n’est pas l’une des plus grandes réussites d’Howard Hawks. Pourtant, le film interpelle pour la manière toute particulière dont est traité le genre. Un péplum sans feu d’artifice, mais fourmillant de trappes. A l’arrivée, un bon spectacle.