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Difficile de s’affirmer dans le domaine de l’animation lorsqu’on est ni américain, ni japonais. Pourtant, grâce à Michel Ocelot , la France a finit par affirmer son identité. Kirikou et la sorcière vous avait ému, Princes et Princesses vous avait enchanté, à présent laissez-vous littéralement emporter par le nouveau long-métrage du maître de l’animation française avec Azur et Asmar.

Le style d’Ocelot est unique. On a du mal à donner la nationalité française à son œuvre tellement le message qu’il diffuse se veut universel. Nous tenons là un des plus beaux dessins animés de l’année (voire de la décennie). Subtilement, le réalisateur transpose les problèmes de tolérance qui fourmillent au sein de notre société dans un conte au parfum des « mille et une nuits ». Nous sommes aux antipodes des préoccupations anglo-saxonnes réitérées par Disney, Fox, Dreamworks et compagnie. Et cela même dans l’utilisation des images de synthèse (les images sont sans contours définis, laissant les couleurs libres de définir les formes). Ocelot se distingue nettement des autres en tout. Son but : « faire comprendre ce que c’est qu’être immigré ». Un message délicat à transmettre. Et pourtant : le contrat est entièrement rempli. L’action se situe en plein moyen-âge islamique. Azur, le blond aux yeux bleus et Asmar, l’arabe aux yeux d’ébène, deux frères de lait, ont toujours eu les mêmes objectifs. Devenus adultes, ils ont tous deux pour but de délivrer la fée des Djinns afin de l’épouser. La rivalité est bien présente. Si l’amour courtois, les animaux fantastiques, les aventures périlleuses et la quête chevaleresque sont au programme, ce sera pour nous conduire vers une apologie de la fraternité et de l’égalité, rappelant aux français la valeur des couleurs de leur drapeau. Originalité narrative : le scénario est merveilleux (au sens littéraire du terme) et merveilleux (comprenez « génial ») : simple, sans embarras et pourtant très consistant. Les couleurs éclatent au rythme de la narration, nous emportant dans des contrées lointaines où les apparences sont souvent trompeuses. L’œuvre est cohérente, une fable subtilement jonchée de valeurs idéologiques qui toucheront les enfants comme les adultes. Et si nous parcourons l’aventure au rythme de l’occidental Azur, nous ne sommes pas moins proches d’Asmar, prince de l’orient. Privilégions l’universalité : si les cultures sont diverses, les hommes n’en sont pas moins égaux. Lazuretasmar02e réalisateur ne sous-titre pas les dialogues en arabe et pourtant, nous comprenons. C’est ce qui fait la magie du cinéma d’Ocelot, son langage est on ne peut plus universel. Voici un film d’animation superbe que tout enfant, tout français, tout terrien devrait voir. A ne pas manquer !