Le temps du silence est révolu ! Après le Vol 93 de Paul Greengrass, c’est au tour d’Oliver Stone de prendre la parole et de se lancer dans le débat « 11 septembre et cinéma ».

worldtradecenter02On entendait de tout sur le nouveau Oliver Stone : qu’il oubliait le côté politique des choses (pour une fois), qu’il se rangeait du côté de l’Amérique traumatisée, etc… Bref, je m’attendais vraiment à voir un truc mièvre qui aurait proclamé « On est des victimes ! C’est pas notre faute ! » pendant plus de deux heures. Ce n’est pas ce que fait World Trade Center. Donc, premier conseil que j’ai à vous donner : si vous allez voir ce film, laisser tomber tous vos a-priori. Certes, le réalisateur évite de nous parler de la tension qui règne entre Etats-Unis et Moyen-Orient en ce 11 septembre 2001 mais ceci pour la bonne et simple raison qu’il adopte très vite un point de vue interne. Si le film s’appelle « World Trade Center », c’est bien parce que l’essentiel de l’action s’y déroule et ce malgré la chute des deux tours jumelles. Pendant la première heure du film, on ne voit les évènements qu’à travers les yeux des policiers, des sauveteurs (qui n’ont le temps de sauver personne) et qui deviennent victimes. Par conséquent, on ne voit pas les avions s’abattre sur les tours, on se contente de les deviner, le seul indice qu’on aperçoit étant l’ombre d’un avion sur un immeuble (allégorie de la caverne ?).

   

worldtradecenter01Certes, on ne niera pas que Stone montre le « 11 septembre » comme une fatalité évidente, néanmoins il le fait avec une subtilité assez prononcée. Dans la seconde partie du film, le scénario s’amenuise et le cinéaste se repose de plus en plus sur l’espoir des familles, ce qui rend la deuxième heure moins intéressante que la première. Finalement, Stone en arrive à ce qu’il avait voulu : un hommage noble fait aux policiers disparus. Nicolas Cage et Michael Pena sont très convaincants en officiers bloqués sous les décombres. La transition entre fiction et réalité est certes un peu américanisée mais elle est néanmoins réussie. World Trade Center n’est pas le meilleur Olivier Stone, mais il offre (surtout dans la première partie) de beaux moments de mise en scène. A voir.