Difficile de faire passer la postérité à un remake dans le cas où le modèle de base était déjà bon. Certains peuvent y arriver : pour exemple le King Kong de Peter Jackson, l'une des grandes réussites de 2005. L'Aventure du Poséidon de Ronald Neame a certes un peu vieilli. Néanmoins, le lifting que lui fait Wolfgang Petersen a été un peu trop exagéré.

poseidon01Prenant pour base le film de 1972, Poséidon a un scénario catastrophe qui tient la route, jonché de rebondissements palpitants. Ce serait parfait si l'on oubliait les valeurs sociales que Petersen a éssayé d'intégrer a travers des personnages flous et sans fonds. Ainsi des scènes censés êtres dramatiques deviennent comiques tel le moment où le papa célèbre et sa fifille pourrie gatée parlent du bon vieux temps dans une salle enflammée alors qu'ils devraient s'activer pour passer de l'autre côté de la pièce. Psychologie ne semble par rimer avec action et cela jusqu'à la fin du film où l'on découvre que l'un des 6 ou 7 rescapés n'est autre que le vieux bonhomme qui voulait se suicider au début du film (Richard Dreyfuss). Qu'essaie de nous dire Petersen ? A cela s'ajoute le héros de l'histoire (héros au sens hollywoodien du terme interprété par un Josh Lucas plus que transparent), le solitaire aigri et aventurier sans qui tout le monde aurait été dévoré par les requins depuis longtemps. Bien sur, vous ne serez pas surpris de le voir devenir gentil au long du film au point même de se trouver une famille (femme + enfant). Bref, vous l'aurez compris, les personnages sont stéréotypés au possible. Malheureusement, cela dessert les quelques scènes bien menées du film comme la recherche de sortie de secours sous l'eau où une fille meurt (mais comme toutes les filles se ressemblent, on met un moment pour réaliser laquelle c'était). Le final bénéficie lui aussi d'une bonne part d'exagération : les rescapés sortent du batiment et trouvent un bateau de sauvetage posé là comme par hasard, ils sautent dedans et voient le Poséidon s'enfoncer dans les profondeurs : bref, une minute de plus dans le bateau, et ils ne seraient plus de ce monde. Ah ! Heureusement qu'Hollywood est là pour mettre un peu de finesse dans notre monde de brutes...