conversationsavecunefemme01Conversation(s) avec une Femme est une jolie réussite. Autant vous dire que l'oeil a besoin de s'habituer au principe du split-screen quand le film commence (au point même de se demander si on arrivera à supporter 1h30 avec cet effet en permanence) et puis on finit par s'y accomoder. Le film raconte les retrouvailles lors d'un mariage de deux êtres qui se sont aimés. Dès le début on sait pertinament comment le film va se dérouler et se terminer. Mais tant pis s'il n'y a pas de surprise ! On n'en a pas besoin. Hans Canova maîtrise son film et parvient à créer autour de ses personnages un aura particulier. Malgré la fête qui bat son plein en arrière-plan, l'homme et la femme s'enferment dans une bulle pleine de nostalgie et entament un dialogue sans fin. C'est l'histoire d'une nuit, d'une intimité retrouvée. Chaque personnage a sa caméra braquée sur lui, le spectateur ne loupe aucun signe, aucun geste intime. Le rythme de l'oeuvre est envoutant, bercé par une BO qui colle parfaitement à l'ambiance (du Carla Bruni !). Ne se privant pas de quelques scènes humoristiques (souvent provoquées par des personnages extérieurs comme dans l'ascenseur), Canova joue sur l'incongruité des situations. Malgré les quelques flashbacks sur l'histoire d'amour du couple, le spectateur entre aussi dans la nostalgie et regrette de ne pas assister en direct à cette romance enfuie. Servi par des acteurs fins et savoureux (Aaron Eckhart et Helena Bonham-Carter) qui sont pour beaucoup dans l'accroche que l'on donne au film, Conversation(s) avec une Femme offre un beau moment de cinéma, une belle histoire d'amour dont on ne peut assister qu'au crépuscule.