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Ils ont encore frappé ! Impossible de le nier, Pixar est devenu un véritable label de qualité dans le monde du film d’animation. Un nouveau défi, une nouvelle réussite. Ratatouille se place à la queue leu leu de cette farandole qualitative de dessins animés 3D qui se succèdent sur les écrans depuis 1996. Toy Story, Monstres et Cie, Le Monde de Némo : à chaque fois un succès critique et public. Avec Ratatouille, Pixar met à plat sa recette pour faire un bon film d’animation. Non, il n’apporte pas de coupure nette avec les productions précédentes du studio. Néanmoins, il peut être considéré comme l’affirmation de l’entente entre Disney et Pixar.

Assis devant Ratatouille, les émotions se bousculent en nous. Evidemment, le rire est au premier plan, suivi de près par le suspense qui, étonnement, surgit là où on ne l’attend pas. Certes, au premier abord, le sujet a peu de chance de susciter l’angoisse : comment une histoire si simple, celle d’un rat qui rêve de devenir cuisinier, pourrait y parvenir ? Mais ne vous fiez pas aux apparences et laissez vous surprendre. Les situations, plus cocasses les unes que les autres, sont mesurées avec précision : ni trop, ni trop peu. Nous avons atteint le mélange juste, une recette parfaitement réussie pour qu’à défaut de nos papilles, ce soit nos yeux qui se délectent.

ratatouille02Et le chef cuistot de ce met délicat a pour nom Brad Bird, réalisateur de talent qui après nous avoir enchanté avec ses Indestructibles passe sans transition du monde des supers héros à celui de la bonne bouffe française. Artiste à part entière, son scénario est servi avec brio par une mise en scène des plus dynamiques. La cuisine de Gusteau’s se transforme rapidement en monde magique lorsqu’elle est abordée du point de vue de Rémy, le petit chef en question. Mais attention ! Ce monde magique garde néanmoins la tête sur les épaules. Là où Ratatouille suggère à la fois la nostalgie et la nouveauté, c’est dans l’aspect didactique qu’il adopte. C’est d’ailleurs sur ce point que nous retrouvons l’esprit qui fit les heures de gloire des studios Disney. On pense aux Aristochats, au Livre de la Jungle, aux 101 Dalmatiens voire même à la Petite Sirène. L’exploration de soi est traitée en parallèle avec l’esprit de famille et la relation qui noue l’animal à l’homme, le réalisateur s’attardant notamment sur ces grands thèmes que sont « la confiance », « le courage » et « le mérite ». A cela s’ajoute la question du monde du travail, Bird pointant subrepticement le doigt sur la réintégration des taulards ou encore la difficulté de s’imposer en tant que femme dans un monde essentiellement masculin. Vous l’aurez compris, le temps n’est plus aux contes de fées : la naïveté aux poubelles tandis que la réalité refait surface. Le « happy end » sera paradoxalement là pour le rappeler, Bird s’amusant à placer un bémol sur le compte du restaurant Gusteau’s…

ratatouille03Mais avant tout, c’est bien sûr le divertissement qui prime. Et de ce côté-là, nous sommes loin d’être déçus. Les nombreux personnages forment un squelette sur lequel tiens la trame (un bon film d’animation n’est pas réalisable sans caractères solides). A cela s’ajoute l’arrière-plan, un Paris intemporel extrêmement séduisant où le réalisateur s’est amusé à parodier avec légèreté et diplomatie l’esprit français (même la madeleine de Proust y passe, c’est dire). Evidemment, le tout est servi par une image 3D des plus parfaites qui sied à merveille à l’univers parisien et qui place à nouveau Pixar en « number one » des créateurs de dessins animés sur le plan technique. Cette Ratatouille est digne d’un grand chef dont le restaurant affiche dignement le maximum d’étoiles. Loin du rat d’égout, voici un rat de goût. Un film à consommer, grignoter, déguster, croquer et savourer sans la moindre modération.