18 février 2008

Marius / Fanny / César (A. Korda / M. Allégret / M. Pagnol, 1931-1936)

marius01Mais comment donc cette trilogie marseillaise est-elle devenue mythique ? Même Raimu ne pouvait expliquer son succès alors qu’il la jouait sobrement sur les planches du théâtre de Paris : « Je n’y comprends rien. Dans ce rôle, je dis le texte, rien de plus, je parle comme à la maison, et tout d’un coup, c’est un triomphe. Je me demande pourquoi. ». Beaucoup d’éléments amènent à penser que le film serait parti aux oubliettes si de multiples éléments n’entraient pas en compte. Le premier volet, Marius, est le fruit d’un concours de circonstances (ou devrions-nous plutôt dire d’un concours de génies).

Le film muet commence à disparaître : voici venu le temps du parlant. Arrive alors le fier Marcel Pagnol, jeune auteur de théâtre prodige qui accumule les succès. Très vite, il cherche à tirer parti du cinématographe parlant en mettant en valeur le texte. N’en déplaise aux théoriciens qui défendaient ardemment le muet, le jeune Pagnol apportera au cinéma français le charme qui opérait déjà dans ses salles de théâtres. Le simple scénario suffirait-il donc à rendre le film bon ? Non, loin de là. La trilogie disposait aussi d’une mise en scène intelligente (Alexander Korda pour Marius en signe la meilleure), d’une ambiance provençale charmante à souhait et d’acteurs exceptionnels. Parmi eux le grand Raimu, qui malgré la modestie dont il fait preuve dans son discours (voir ci-dessus), livre une performance des plus magistrales.

marius02L’histoire est portée de bout en bout par un suspense sentimental. Fanny est amoureuse de Marius depuis sa plus tendre enfance. Demandée en mariage par maître Panisse qui a 30 ans de plus qu’elle, elle profite de l’occasion pour rendre jaloux Marius. Dans la taverne de son père, le gros râleur au cœur tendre César, une dispute éclate entre Marius et Panisse. Le stratagème fonctionne et les deux jeunes gens entament une brève romance. Mais Marius se retrouve vite tenté par l’appel du large… Telle est l’intrigue de Marius, le premier volet de cette trilogie marseillaise. S’en suivra toute une histoire de famille, fidèle illustration des rapports parents-enfants que l’on pouvait entretenir dans les années 30. A cela s’ajoute toute une problématique sur l’honneur, l’héritage des générations, les idéaux contradictoires qui habitent l’homme et la femme, et puis, tout simplement, les problèmes et les bonheurs qu’engendre l’amour.

marius03Marius, Fanny et César ont su séduire le public tout autour de la planète. Désormais ses personnages font partie intégrante d’un véritable mythe. Pagnol minimisait les situations afin de développer plus en profondeur les caractères. La recette marche : malgré la longueur des films (deux heures, c’était beaucoup aux débuts du parlant), on reste fidèlement accroché à l’intrigue, impatients comme jamais de savoir ce qui va arriver à tel ou tel personnage. Aucun « méchant » ne vient parasiter les rapports entre eux. Et s’il y en avait un, ce serait le poids des conventions. Mais sans ces conventions, César ne serait pas César et Panisse ne serait pas Panisse. En conséquence, on les accepte et on les aime comme ils sont, chacun avec ses défauts. Ils sont vrais, extrêmement proches de nous, presque réels. De Marius à César en passant par Fanny, impossible s’esquiver les larmes, qu’elles soient de joie ou de tristesse. Vous êtes mis au défi.

Posté par twain81 à 16:59 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur Marius / Fanny / César (A. Korda / M. Allégret / M. Pagnol, 1931-1936)

    De passage

    Bonne semaine, merci de nous faire plaisir, Pascal, journaliste.

    Posté par Djemaa, 19 décembre 2011 à 17:04 | | Répondre
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