28 février 2008

Le Battement d'ailes du papillon (Laurent Firode, 2000)

lebattementdailesdunpapillon01Certains films s’oublient avec le temps et ce Battement d’ailes du papillon, bien que sorti sur les écrans il y a peu de temps (en 2000), en est l’exemple type. On a aussi très peu entendu parler de son réalisateur Laurent Firode dont le style laissait entrevoir de belles espérances (brisées à la sortie de son film suivant Quartier VIP en 2005). Dans la même optique que Paris sorti récemment, le metteur en scène adopte pour ce Battement d’ailes le genre choral dans le but de filmer la capitale française. Le synopsis de la revue de presse est très clair quant au style, d’où mon envie de le copier texto : « Une série d'évènements s'étalant sur une journée va conduire un homme et une femme à se rencontrer. Il aura fallu, pour que naisse leur histoire d'amour, les effets conjugués de la pleine lune, d'une crise d'hypothermie, d'un carré de chocolat sur le point d'être mangé, d'une machine à café électrique en panne, du mensonge d'un homme lâche, d'une fiente de pigeon qui vient souiller un vêtement, de la planète Vénus, d'un caillou blanc, d’un trésor découvert dans une bouteille de lait, etc. »

Ou comment matérialiser le destin. On accordera sans disproportion à Laurent Firode un certain génie de l’idée. Le genre choral se plie parfaitement à la volonté du cinéaste, appuyant par ailleurs la légitimité du choix. Le Paris qui nous est décrit est sans artifice, sobre, réel mais aussi très social et poétique. Les péripéties sont anecdotiques et le fil conducteur camouflé. C’est une prise de risque évidente et qui en cas de réussite aurait mérité d’être saluée comme novatrice.

lebattementdailesdunpapillon02Mais fatalement (et comme tant d’autres) le film se vautre dans la faille majeure du cinéma français : celle qui place le même homme dans la peau du scénariste et du metteur en scène sans avoir la carrure pour assumer les deux postes. Alors oui, Le Battement d’ailes du papillon dispose d’un bon scénario qui gagne vraiment à être exploité. Mais à notre grand désespoir Firode est un réalisateur bien trop modéré, une tare accentuée par la neutralité affligeante de l’image. Certes il reste les acteurs, tous bons dans leur second rôle (Tautou, Faudel et les autres) mais dès le moment où la trame est dissimulée pour n’être révélée que lors du grand final, le spectateur n’a plus grand-chose à se mettre sous la dent sinon quelques anecdotes qui lui semblent sans intérêt. Heureusement il y a l’atmosphère poétique, miraculeusement sauvée, qui arrive partiellement à esquiver l’ennui. Firode a certainement le panache d’un auteur, reste à se résigner et à lâcher la caméra pour se concentrer uniquement sur la plume.

Posté par twain81 à 17:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


Commentaires sur Le Battement d'ailes du papillon (Laurent Firode, 2000)

Nouveau commentaire