kramercontrekramer01C’est avant tout grâce à son talent de scénariste que Robert Benton parvint à se glisser sous les projecteurs Hollywoodiens. Il participa entre autres au Bonnie and Clyde d’Arthur Penn et au Reptile de Joseph L. Mankiewicz. Puis, en ayant assez d’écrire pour les autres, il finit par écrire pour lui-même. Une fois derrière la caméra, Benton signa des films assez peu remarqués. Pourtant, le phénomène Kramer contre Kramer (son troisième opus) subsiste encore aujourd’hui à l’épreuve du temps. Certainement doit-il cela à l’immense succès qu’il remporta aux Oscars en 1979, raflant les prix de meilleurs réalisateur, acteur (Dustin Hoffman), actrice de second rôle (Meryl Streep), scénario et même meilleur film devant l’Apocalypse Now de Coppola qui participait également à la course pour la statuette. Désormais, Kramer contre Kramer est en phase de devenir un film culte, souvent vu par les enfants tant l’identification au jeune Billy, jeune garçon souffrant du divorce de ses parents, est évidente.

Un soir Joanna, la femme de Ted, décide de le quitter en lui laissant néanmoins la garde de Billy, leur petit garçon. Dans un premier temps, le père a du mal à concilier ses activités professionnelles avec les moments passés auprès de son fils. Après plus de dix-huit mois, l’un et l’autre ont retrouvé une forme de stabilité. C’est alors que Joanna revient et exige la garde de Billy…

kramercontrekramer02Voir aujourd’hui Kramer contre Kramer revient à faire le point sur une époque transitoire. On y parle avant tout de l’émancipation de la femme mais aussi de la question du divorce et de la conciliation du travail avec la vie de famille. C’est ainsi qu’une simple chronique devient référence de plusieurs phénomènes de société que connaissent la fin des années 70. Par ailleurs, le propos de Benton est tendre, souvent comique et assez compréhensif. Le tout est d’éviter toute dimension manichéenne pour conserver l’identité propre à une époque et qui veut que chacun ait sa part de reproches. Il n’empêche que le spectateur prend inévitablement le parti du père, qui se débrouille tant bien que mal pour aimer et éduquer son fils malgré la pression infligée par ses supérieurs. La mère, en apparence cruelle car instable, ne laisse pas sans pitié tant elle dispose elle aussi de circonstances atténuantes. Le film n’est pas une merveille de réalisation, loin de là (d’où la frustration quand on sait que Benton rafla l’oscar du meilleur réalisateur sous le nez de Coppola) ; il n’empêche que le propos ne manque ni de tendresse, ni de réalisme. Kramer contre Kramer réussit surtout à vaincre les ravages du temps grâce à son casting d’exception : le petit Billy (Justin Henry) est touchant au possible et les immortels Dustin Hoffman et Meryl Streep rendent leurs caractères remarquablement palpables. Une curiosité sans prétention et tout à fait agréable.