etdieucrealafemme01La qualité première du réalisateur Roger Vadim fut d’avoir été un dénicheur de talents assez futé, offrant volontiers leur premier rôle important à quelques jeunes pointures encore méconnues, telles Catherine Deneuve dans Le Vice et la vertu (1963) ou bien Brigitte Bardot dans le désormais culte Et Dieu… créa la femme. Il aura donc suffit d’un seul film pour qu’explose le phénomène B.B. L’histoire nous amène à Saint-Tropez où Juliette, tout juste dix-huit ans, est une jeune fille à la beauté provocante et à la réputation de « fille facile ». Elle est amoureuse d’Antoine, qui pourtant la traite avec très peu d’intérêt. Par dépit, elle épousera son frère Michel et fera tout son possible pour le rendre heureux…

etdieucrealafemme02Il est des films qui traversent le temps pour une raison autre qu’artistique. Et Dieu… créa la femme en est un exemple parfait, n’ayant un intérêt que strictement sociologique : l’illustration des débuts de l’émancipation de la femme et les prémices de la libération sexuelle qui s’ensuivit. Mais qu’il est difficile d’être objectif devant un film qui a si mal vieilli ! Aujourd’hui, les provocations « à la Bardot » sont loin d’émoustiller comme autrefois. Avouons tout de même que son personnage demeure assez fascinant, ainsi déchiré entre ses envies cavaleresques et son mariage. Il en reste que les autres caractères qui tournent autour d’elle paraissent bien fades, impliqués dans des préceptes psychologiques à la limite du crédible (Trintignant en devient littéralement pathétique avec son revolver à la main). Alors on se retranche sur la belle actrice, ses formes généreuses et sa voix mystérieuse, entre naïveté et provocation. Le film n’est finalement qu’une excuse, rien de plus. Un exemple parmi tant d’autres de ce que fut l’époque la plus paresseuse du cinéma français.