sansarmenihaineniviolence01On sait combien les gens de la télé aiment se lancer dans la grande aventure du cinéma (comme si les deux étaient liés par un je-ne-sais-quoi…). Presque toute la troupe des Robins des bois (anciennement sur Canal) y est passée. Maurice Barthélémy (Casablanca driver et le joli Papa), puis Pierre François Martin-Laval (Essaye-moi) ont lancé le mouvement et c’est sans surprise que Jean-Paul Rouve, le plus populaire de la troupe, en vient à ses premiers essais. Sans arme, ni haine, ni violence revient sur l’incroyable histoire d’Albert Spaggiari, organisateur du fameux casse de Nice en 1977.

sansarmenihaineniviolence02Indéniablement, un charme opère dès le générique-puzzle aux tons kitsch (décidemment c’est la mode) où dans un mouvement d’énergie extrême (peut-être le plus fort du film), Spaggiari nous est présenté tel un bandit-people apte aux tours de passe-passe les plus ardus pour fausser compagnie à la justice française. Rouve se glisse dans la peau de son héros pour en faire un clown sympathique et rocambolesque, aux antipodes de la canaille telle qu’on se la figure par habitude (celle-ci sera néanmoins présente sous les traits d’un Gérard Depardieu comiquement absent). S’il est donc une chose que réussit Sans arme, ni haine, ni violence, c’est son tour de séduction. Ce n’est que lorsque l’attachement à Spaggiari se matérialise que l’intrigue peut prendre forme, et à ce niveau là le pari est plutôt réussi. En revanche, Rouve est moins à l’aise avec le dosage des différents points de vue. Le problème est quasi immédiat puisque suite au générique, le film démarre sur ce fameux père de famille (Gilles Lellouche) qui s’avèrera être un policier chargé de pister Spaggiari sous la couverture de journaliste à Paris Match. Dès lors, le héros n’est-il pas plutôt ce flic que nous suivons quasiment de bout en bout ? L’équilibre est tendu et ôte fatalement à notre bandit son pan d’exception pour n’en garder que la trace strictement humaine. Dommage.

sansarmenihaineniviolence03Rajoutons que sur le plan narratif on regrette que Rouve ait haché ainsi la scène du casse de Nice, privant le film d’une grande scène qui aurait été apte à véhiculer suspense et action. Mettons ça sur le compte de la maladresse (après tout, il s’agit d’un premier long). Le tout reste sage car soucieux de ne pas décevoir. Le réalisateur s’attarde sur de modestes instants de vie qu’il n’hésite pas à pimenter de quelques pichenettes polémiques (Spaggiari et l’extrême-droite, toute une histoire…) ou plus sobrement de divers dialogues comiques. Sans arme, ni haine, ni violence est un coup d’essai assez prometteur. Rouve peut remettre le couvert.

 

 

N.B. Félicitations à mon amie Haruyo, assistante P.Q. sur le tournage qui, il faut bien l'avouer, a fait du bon boulot avec ses rouleaux !!