cinemaparadiso01Cinema Paradiso est de ces œuvres populaires qui gagnent la postérité dès leur sortie. Gageons que c’est le genre qui veut ça puisque le réalisateur Giuseppe Tornatore monte de toutes pièces un film-hommage sur le cinéma. C’est dans une petite ville de Sicile que grandit Salvatore (dit Toto), passant tout son temps libre au cinéma « Paradiso » auprès de son ami projectionniste, Alfredo, qui lui apprend le métier.

Le film n’innove en rien mais a suffisamment de charme pour faire l’unanimité des suffrages. L’astuce de Tornatore est de faire grandir son personnage à la bouille formidable (le jeune Salvatore Cascio) parallèlement aux grands moments que traversa l’histoire mondiale du cinéma (le muet, la censure, l’envolée de l’industrie, les révolutions sociologiques, les progrès techniques, etc.). Voir le cinéma partager la vie de ce tout jeune passionné a de quoi ensorceler les cinéphiles du monde entier. Quel spectateur ne se reconnaît pas en Toto ?

 

cinemaparadiso02Le tout est de s’en tenir à la valeur populaire de Cinema Paradiso, car dès que l’on touche au détail, on réalise ô combien affluent les anachronismes, certes sur le cinéma, mais aussi concernant la crédibilité des personnages. Alors contentons-nous simplement de palper ces moments magiques qui nous sont offerts, à l’image de ce montage final, ultime cadeau d’Alfredo à Salvatore où s’enchaînent de merveilleux baisers de cinéma que la censure avait interdite en son temps. A noter l’importance sous-estimée de la nationalité du film qui témoigne d’une nostalgie évidente lors des dernières minutes : avec la fermeture du Paradiso Tornatore métaphorise la mort du cinéma italien, un pays autrefois majeur dans le domaine du 7ème art qui a peu ou prou jeté l’éponge depuis plus de vingt ans. Le message de Cinema Paradiso est toujours d’actualité : on espère sa résurrection.