jeuxdedupes01Si George Clooney n’était pas doublement cité au générique, il n’y aurait aucune raison d’aller voir en salles Jeux de dupes tant le public visé est quasi-uniquement « made in US ». Le réalisateur traite de la naissance du championnat professionnel de football américain, or on sait qu’en France le sujet est loin de faire l’unanimité. Clooney, qui a déjà signé deux films assez solides (Confessions d’un homme dangereux et Good night, and good luck.), s’aventure ici dans un domaine volontairement plus léger. Si le physique de l’acteur a pu nous faire penser au mythique Cary Grant lors de ses prestations passées, cette fois il s’en inspire sans complexe, inscrivant l’humour et le ton de son film dans la tradition des screwball comedies qui firent connaître la star en son temps.

Dodge Connolly a consacré toute sa vie au sport. Faute d’argent, son équipe « Les Bulldogs » se trouve obligée de baisser les bras. N’ayant aucune autre qualification, Dodge est dans l’impossibilité de retrouver un travail. C’est alors que lui vient l’idée de proposer à Carter, un universitaire célèbre pour ses prouesses sportives, de se joindre à eux afin de redorer le blason de l’équipe. Le succès est au rendez-vous, attirant l’attention d’une journaliste redoutable, Lexie Littleton…

jeuxdedupes02Si le football américain n’est pas votre tasse de thé, vous en venez forcément à vous rabattre sur les intrigues secondaires. Or pour le coup, Clooney en a deux en rabe : la vérité sur Carter (qui outre son talent de footballeur est aussi connu pour être un héros de guerre) et l’histoire d’amour qui se profile entre Dodge et Lexie. Force est de constater que Clooney manque cruellement de simplicité. Jeux de dupes part avec un handicap : son scénario est chargé et partiellement brouillon. On passe de tel ou tel exploit sportif à un flash-back historique ou à un flirt entre deux couloirs : aucun problème pour un réalisateur inventif si ce n’est que Clooney joue malheureusement la carte de la paresse, ne faisant preuve d’aucune originalité sur le plan de la mise en scène. Certes, l’acteur est charmant dans sa reprise de Cary Grant mais avouons qu’on finit rapidement par s’en lasser. Les seuls moments qui nous arrachent de l’ennui sont les diverses entrevues entre Dodge et Lexie où les dialogues explosent tels de véritables feux d’artifice (vive l’humour à la Clooney !). Dommage, donc, qu’il ne s’en soit pas tenu à la seule intrigue amoureuse, son Jeux de dupes aurait assurément gagné en efficacité.