shinealight01En 1978, Martin Scorsese filmait l’ultime concert de The Band dans The Last Waltz. Trente ans et quelques documentaires « rock » plus tard, sa caméra se met au service des Rolling Stones, capturant sur pellicule les images de ce qui pourrait être leur dernier concert. C’est au Beacon Theatre de New York que se déroule l’évènement,  un concert de charité mis en place sous la houlette de la fondation Bill Clinton. Les Stones, Scorsese les connaît par cœur, n’ayant pas attendu de les filmer en chair et en os pour parsemer ses films de leurs tubes (de Mean Streats à Casino en passant par Les Affranchis). Shine a light n’est pas un documentaire mais un simple concert filmé. Scorsese prend son pied à l’orchestrer, en cinéaste un tantinet égoïste et redoutablement fanatique.

shinealight02Le concert filmé n’a jamais vraiment été un genre cinématographique en soi, d’où la difficulté d’établir un jugement sur Shine a light. Certes l’œuvre est signé de maître Scorsese, mais tous les chefs opérateurs à sa disposition (seize au total) ne sont pas moins responsables du résultat obtenu, d’autant plus que la qualité de l’image est un des points fort du film. Shine a light se focalise sur l’aspect intemporel et mythique des Rolling Stones. Toutefois, si le déhanché de Mick Jagger impressionne encore, le numérique se charge de souligner rides et cheveux blancs sur les visages. A cela se rajoute des documents historiques qui soulignent le passé de la troupe. Alors oui, il est bien question du temps qui passe, mais il en reste que la vieillesse captée est peu commune : les corps sont encore énergiques et les attitudes décalées, éternellement fidèles à l’esprit rebelle qui fit la gloire du groupe dans les années 60. Finalement, les Rolling Stones n’ont pas changé, Keith Richards et Mick Jagger en tête sont restés fidèles à leurs aspirations d’antan.

shinealight03Pour ce qui est de la qualité du concert, c’est une réussite. Scorsese l’entoure d’une sphère d’imprévus, n’ayant soi-disant disposé de la tracklist que quelques minutes avant le tout début du spectacle. Pour autant, ses caméras arrivent à capturer le moindre petit détail, aussi insignifiant soit-il. Le rythme du montage est quant à lui endiablé, suivant généralement le tempo des titres sélectionnés. Enfin, pour ce qui est de l’interprétation, le moins qu'on puisse dire c'est que les Stones ont la pêche ! Les morceaux choisis ne sont pas les plus connus à l’exception des mythiques Satisfaction, Start me up et Sympathy for the devil. Pour autant, il ne faut pas être nécessairement fan du groupe pour apprécier le reste. D’excellents moments rocks en perspective, à l’image d’All down the line, des surprises inattendues tel le country Faraway eyes ou le touchant As tears go by (par ailleurs merveilleusement bien filmé) sans compter les duos de guest stars qui font toujours leur petit effet. Comme à son habitude, et même s’il en était à deux doigts, Jagger n’a pas cramé sous les projecteurs (ouf !). Bilan : les quatre sexagénaires tiennent définitivement la route. Alors même si Shine a light est certes plus un concert mémorable qu’un film captivant, qu’importe, on passe un bon moment.