aventuriersarcheperdueaffIndy’s back ! Depuis le dernier épisode de la saga Star Wars on n’avait pas encore revu un tel engouement dans les salles (pour s’en assurer suffisait-il de passer devant le Max Linder sur les Grands Boulevards hier soir pour la projection à 00h01 !). Mais avant de se lancer dans l’analyse du dernier volet, retour sur les trois premiers, revisionnés avec plaisir, comme il se devait. Retour en 1981, là où tout commença, avec Les Aventuriers de l’Arche perdue.

1936. Indiana Jones, éminent professeur d’université et aventurier archéologue, retrouve une statuette en or dans un temple perdu en pleine jungle. C’est sans compter sur son rival français, Belloq, qui lui vole au dernier moment. De retour aux Etats-Unis, Jones est chargé par le FBI de retrouver avant les nazis l’Arche d’alliance qui contiendrait un formidable pouvoir que convoite Hitler. Une épopée qui le mènera au bout du monde en compagnie de son amour d’enfance, Marion.

aventuriersarcheperdue01Les Aventuriers de l’Arche perdue est peut-être le film le plus emblématique de la branche non-auteuriste de Spielberg. Un seul mot d’ordre : « efficacité ». On ne s’en plaindra pas, d’autant que le cinéaste réussit son coup avec brillo. Le personnage est si solide qu’on en a presque oublié qu’il n’est pas originairement cinématographique (son créateur n’est autre que le romancier Edgar Rice Burroughs). Spielberg en a pourtant fait l’un des mythes du septième art. Tous les moyens ont été mis en place, du thème musical que tout le monde connaît signé John Williams à l’effluve d’effets spéciaux et autres cascades impératives. Moins grave et bien plus intrépide que James Bond, Indiana Jones est tout simplement un aventurier auquel prête ses traits le charismatique et désormais légendaire Harrison Ford.

aventuriersarcheperdue02Ce premier volet, s’il provoque la surprise, n’est peut-être pas le meilleur de la saga. Peut-être parce qu’il est moins exotique et un tantinet moins rapide (mais vraiment un tantinet) que les autres. Les Aventuriers de l’arche perdue trace néanmoins les contours de l’idéologie qui entourera cette série de films : une quête sans fin entre le bien et le mal. Or, Spielberg est certainement le cinéaste hollywoodien qui aura le plus éprouvé au cœur de sa filmographie le besoin d’illustrer le vice dont est empreinte l’idéologie nazie. Là où le film trouve en Indy l’incarnation parfaite du bien, il trouve dans le peuple nazi l’incarnation parfaite du mal. La fin explosive du film où les fantômes émergent de ci de là expose moins simplement qu’il n’y paraît l’une des obsessions propres à Spielberg qui, aussi métaphysique et simple soit-elle, n’est autre que l’expiation du mal. Il va sans dire que lors des dernières minutes, on en redemande !