lelaureat01

   

Mike Nichols est de ces auteurs qui émergèrent à la fin des années 60, bien plus modestes (et bien moins talentueux) que les géants du Nouvel Hollywood que furent les Scorsese, Coppola et autres Spielberg arrivés sur les lieux peu après. Son style s’aligne sur ce qui se faisait dix ans plus tôt, au temps de l’Hollywood classique, des comédies plus ou moins satiriques sur les mœurs américaines. C’est dans cette optique que s’inscrit Le Lauréat, qui bénéficie outre mesure d’un argument séduction non négligeable : une bande originale signée Simon & Garfunkel.

Les parents de Ben Braddock donnent une réception en son honneur pour fêter la fin de ses brillantes études. Alors que la soirée bat son plein, le lauréat accepte de raccompagner chez elle Mrs. Robinson, insistante et un peu éméchée, cherchant à le séduire à tout prix. Le mari vient finalement couper court aux évènements. Plus tard, dans une chambre d’hôtel, la dame initiera Ben aux plaisirs charnels. Leurs rencontres deviennent régulières et le jeune homme se satisfait de la situation. La fille des Robinson, Elaine, fait alors son entrée en scène, revenue au bercail après plusieurs années d’études loin de chez elle. Ben en tombe amoureux.

lelaureat02Visuellement, Le Lauréat est sale, typique de l’esthétique hollywoodienne fin 60 – début 70 : cadres mal construits, couleurs fades, focales peu performantes, etc. Une fois passé ces effets (somme toute majeurs), place au spectacle ! Et Le Lauréat ne déçoit plus. L’histoire, bien que légèrement échevelée sur la fin, n’en est pas moins attachante. Nichols dresse une satire sur la puissance des femmes dans la société américaine. Et il n’aurait pas trouvé mieux qu’Anne Bancroft pour mener la danse ! En lionne déterminée, elle martyrise sans précédent le jeune Dustin Hoffman qui dévoile ici son énorme potentiel comique. La musique de Simon & Garfunkel confère à l’ensemble un charme supplémentaire qui participa certainement à la réputation du film, désormais parmi les « grands classiques » du cinéma hollywoodien. En soi, un divertissement qui malgré les années, reste agréable à voir.