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Qu’il est dur de blâmer un tel cinéaste ! On a toujours suivi et considéré Shyamalan, et ce même dans les moments difficiles (La Jeune fille de l’eau). Mais le temps est venu d’arrêter de se voiler la face : le bonhomme s’est complètement endormi ! Pourtant la bande-annonce de Phénomènes et le buzz qui en a découlé laissaient présager de bien bonnes choses. Le clash a pourtant été moins positif que prévu ; force est d’admettre que tout n’était qu’illusion. Phénomènes est une grosse déception, rien de plus.

Un phénomène étrange frappe soudainement la côte est des Etats-Unis. Tout commence à New York où en quelques minutes des centaines de gens meurent de façon incompréhensible. Il semblerait qu’une force obscure les pousse à se suicider. Elliot Moore est professeur de sciences dans un lycée à Philadelphie. Alors que le phénomène se propage de plus en plus rapidement, il décide de fuir aussi loin que possible, embarquant avec lui sa femme et ses amis les plus proches.

phenomenes02On connaît l’étrange méthode de Shyamalan quant à l’écriture de ses scénarios. Sixième sens, Incassable ou Le Village fonctionnaient sur la méthode du switch final, toujours plus renversant, à même d’étancher la soif d’un public avide de sensations fortes. La Jeune fille de l’eau marquait un tournant radical, prenant à parti un sujet commun pour y induire du fantastique, cherchant finalement plus à creuser des questionnements d’auteur plus qu’à satisfaire un public en attente de surprises. Avec Phénomènes, on aurait pu croire que Shyamalan s’en retournait aux méthodes qui participèrent à sa gloire. Il n’en est rien, le film est d’une inconsistance affligeante. L’auteur revient sur un sujet fantastique qui s’avère n’avoir aucune résolution concrète, un phénomène incompréhensible : la nature s’attaque à l’homme. L’idée n’est pas nouvelle, l’exemple-type étant Les Oiseaux d’Hitchcock, un chef d’œuvre inégalé en son genre.

phenomenes03Et Shy ratte majestueusement son coup. A voir Phénomènes, on sent le réalisateur bousculé (certainement par ses producteurs). On peut d’ailleurs s’étonner de la courte durée du film pour un tel sujet (1h30). Et pour cause, le tout est bâclé, vite fait mal fait, laissant allègrement en plan la majorité des éléments essentiels à un tel film de genre. Certes, l’auteur réussit à nous satisfaire en début de course, son point fort demeurant ces scènes de suicide, toutes plus impressionnantes les unes que les autres, mais finalement sans surprise puisque contenues pour la majorité dans la bande-annonce. Le reste n’est qu’enchaînement de situations loufoques et inconvenues avec pour point d’orgue le séjour chez la mamy mystico-ermite qui se plaît à vivre en réclusion. Pas de doute, on est passé du côté des films d’horreur standards avec musique-qui-fait-peur-quand-y-a-des-morts et ralentis-pour-montrer-la-force-des-sentiments. Où est passé le metteur en scène talentueux d’Incassable ? Cette succession de phénomènes brule les étapes à vitesse lumière, loin de permettre une quelconque approche favorable des personnages. Malgré les beaux yeux de Zooey Deschanel, on reste placide face au couple qu’elle forme avec Mark Wahlberg (par ailleurs insupportable). Shy semble avoir touché le fond, a priori il ne peut que remonter (ouf). Reste à se demander : à quand son véritable retour ?