voyageaucentredelaterre3D01

   

Été oblige, les salles françaises voient débarquer bon nombre de blockbusters tous plus inintéressants les uns que les autres… et pourtant on a encore espoir d’en voir un jour un bon, ce pourquoi l’on persiste à entrer dans les cinémas à la recherche de nouveaux talents. Pourtant il n’en sera rien pour ce mois de juillet, comme d’habitude décevant. Illustration à travers Voyage au centre de la terre 3D de Eric Brevig, Wanted : choisis ton destin de Timur Bekmambetov et L’Incroyable Hulk de Louis Leterrier. Trois films et finalement peu de choses à dire sur chacun d’entre eux, d’où leur regroupement en un seul et même article.

wantedchoisistondestin01

   

Première excursion : Voyage au centre de la terre. Avant d’y aller on sait que ce sera peu novateur mais on y va quand même car l’expérience 3D est tentante (on n’a pas oublié la merveilleuse impression laissée par la reprise de L’Etrange Noël de Mr Jack de Tim Burton en octobre dernier). Et nous ne nous étions pas trompés : le film n’a d’intérêt que pour quelques scènes que la 3D rend comique par effets de surprise. De toute évidence Voyage au centre de la terre est destiné aux enfants et c’est en cela qu’il se veut énergique et léger. Or la légèreté ne sied guère à un public plus adulte, ce en quoi Wanted intervient en sa position d’antithèse. Ici on a affaire à du lourd. L’histoire est celle d’un homme qui, du jour au lendemain, découvre que son père était un meurtrier doué d’une vision hors-pair et membre d’une confrérie à la fois meurtrière et salvatrice. Le héros en question dispose du même talent que son père et s’empresse en conséquence de laisser derrière lui sa vie minable pour reprendre le flambeau. L’histoire et la réalisation font souvent penser à Matrix avec en bonus un discours assez malsain sur les liens du sang. Mais après tout, il est vrai que Wanted a pour première ambition de casser la baraque, et il y arrive sans soucis à force d’effets spéciaux balancés à tout va. Gageons qu’il finira sa carrière sur TF1 un dimanche soir vers 22h30. Enfin tournons-nous vers le Hulk de Leterrier, réalisateur français dont on est loin de penser du bien (rappelez-vous… Danny the dog…). On lui reconnaîtra pourtant d’avoir su mener son blockbuster américain aussi bien que l’avait fait Jon Favreau avec Iron Man. Le résultat est propre bien que complètement dénué de toute signature d’auteur. La comparaison avec l’autre héros des studios Marvel se fera plus sur l’aspect scénaristique, et de ce côté-là à mon humble avis, c’est Iron Man qui gagne haut-la-main. Dans Hulk, les scènes d’action sont moins modérées, moins imposantes et se répètent abusivement. Dans le genre, tout est question de mesure, sans quoi même l’action peut finir par lasser.

lincroyablehulk01

   

On comprendra que faute de véritable audace en termes de mise en scène, le blockbuster estival repose essentiellement sur sa légitimité et son efficacité scénaristique, d’où ma déception quant aux trois films cités plus haut. Il nous reste à ramasser les espoirs déchus pour en tirer d’autres conclusions peut-être plus emblématiques. Par exemple concernant la crédibilité d’un héros, on se demande comment les producteurs osent encore essayer de nous faire croire que Brendan Fraser peut jouer le rôle d’un prof timide et introverti alors que son corps dit tout le contraire ! Car voila, être introverti est nécessaire pour être un héros aujourd’hui et en cela James McAvoy (révélé par le récent Reviens-moi) dispose du profil parfait. La chétivité serait-elle à la mode ? On pourrait presque le croire : même Edward Norton (pourtant baraqué) se trouve paralysé par son trop-plein de force (plaignez-le le pauvre, tout contact sexuel lui impose de se transformer en géant vert…). Tant de détresse a tendance à fatiguer… Le héros de Wanted est appréciable car finalement atteint son but à la fin du film, à la différence de Hulk qui demeurera éternellement au point zéro. Bref, marre d’être déçus… trêve de cinéma en attendant Wall-e, en espérant enfin satisfaire ma soif cinématographique en cet été plutôt sec en la matière.