08 août 2009

Là-haut (Pete Docter & Bob Peterson, 2009)

la-haut-up-29-07-2009-29-05-2009-149-gComme un gosse, j'étais tout excité à l'idée de revoir le dernier Pixar en date révélé au public il y a quelques mois à l'ouverture du Festival de Cannes (après tout, mon opinion favorable pouvait être due à l'euphorie du moment...) Je peux désormais le hurler sans retenue : Là-haut est de ces films grandioses qui, avec Ponyo sur la falaise et Coraline font de 2009 une année phare pour le cinéma d'animation. Ceci dit, ce n'est pas la première fois qu'un Pixar nous réjouit à ce point. De Toy Story en Wall-E, on peut même affirmer sans ambiguïté qu'ils ne nous ont jamais déçu !

Là-Haut vient d'ores et déjà appuyer la pole position des studios en matière d'images de synthèse. Toutes les occasions sont bonnes pour façonner de nouvelles matières, et si Toy Story a pu le faire avec le plastique, Némo avec le monde sous-marin et Ratatouille avec la nourriture, Là-haut exploitera le monde aérien. Ballons et nuages s'envolent avec grâce : visuellement parlant, le film est impeccable. Pour s'en rendre compte, nul besoin de le voir en trois dimensions, et pourtant je vous encourage vivement à découvrir le film dans une salle adaptée. Pourquoi ? Tout simplement parce que la mise en scène a été pensée dans ce sens. Voir virevolter dans les airs une maison en relief : c'est dire si les studios ont bien choisi leur sujet pour leur première incursion dans la 3D. Précisons que le travail sur le cadre et la direction artistique de Pete Docter s'en trouvent d'autant plus magnifiés...

la-haut-up-29-07-2009-29-05-2009-185-gMais une belle image ne suffit pas à faire un bon film me direz-vous... N'ayez crainte, Là-Haut assure également sur le plan narratif. Le pitch ? Un veuf octogénaire part réaliser ses rêves de jeunesse à bord d'une maison volante. C'est fou, et par conséquent on-ne-peut-plus intriguant ! Le sujet du film n'est rien de moins que le sens de la vie. Ceci dit, malgré la grandiloquence qu'impose généralement un tel intitulé, Pete Docter traite son histoire avec une simplicité et un humanisme admirables. Le héros est un vieil homme dont la vie fut modeste, riche en émotions, mais parsemée également d'espoirs déchus. L'une des scènes les plus émouvantes du film est celle où défile en quelques minutes la vie de couple de Carl et de son épouse Ellie, jusqu'à la mort de vieillesse de cette dernière. On retrouve ici la signature de Pete Docter qui déjà, dans Monstres et Cie, faisait alterner les rires et les larmes. Ainsi, via un éventail d'émotions particulièrement riche, le film gagne élégamment en humanité. La richesse des studios Pixar, et tout particulièrement de Là-Haut, est d'avoir compris que le message des films qu'ils réalisent, loin d'être destiné uniquement aux enfants, se doit d'être universel. Ainsi, à la différence des dessins animés de la Fox (L'Âge de glace) ou de Dreamworks (Kung-Fu Panda), les productions du grand manitou John Lasseter jouent dans la cour des grands (au même titre que son correspondant japonais, Hayao Miyazaki). C'est ça le cinéma !

la-haut-up-29-07-2009-29-05-2009-139-gPour terminer, soulignons que Là-Haut reste avant tout un film comique et que, sur ce point, il se révèle particulièrement fin. Docter se permet quelques échappées oniriques (ou comment se débarasser d'un scout qui vous colle aux basques) tout en recyclant le ton qui fit la gloire des studios Disney lors de leur âge d'or (découverte haute en couleur de l'oiseau baptisé Kevin, adoption de Doug le chien idiot qui parle, trafic de voix complètement inapproprié des méchants, etc.). En soi, avec Là-Haut, les studios poursuivent sur leur (longue) lancée en cultivant l'inégalable recette narrative héritée de l'oncle Walt  tout en persistant à fouiller des contrées inexplorées. On continue de s'en réjouir et on attend déjà la suite avec impatience... oui, vivement l'été prochain !

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