05 novembre 2009

Micmacs à tire-larigot (Jean-Pierre Jeunet, 2009)

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C'est un Jeunet en petite forme qui nous arrive en cette fin d'année, confirmant par ailleurs la très mauvaise santé du cinéma français actuel qui ne peut même plus compter sur ses auteurs phares. Si je ne me trompe pas, une fois cité Espion(s), Un Prophète, Welcome, Les Herbes folles, Ricky et Mademoiselle Chambon, il ne reste pas grand chose à sauver de la production hexagonale pour l'année 2009. Micmacs à tire-larigot quant à lui, sans être véritablement mauvais nous laisse quand même de marbre. C'est dire, la pub Chanel n°5 qui précèdait le film (également réalisée par Jeunet) semblait dix fois plus inspirée que le récit des tribulations de Bazil (Dany Boon) et de son équipe de chiffonniers. Tous ensemble contre la vie chère, quand les copains du ch'ti stoppent l'atelier recyclage, c'est pour l'aider à se venger de deux méchants trafiquants d'armes.

micmacs-a-tire-larigot-28-10-2009-32-gJeunet, comme il sait si bien le faire, s'amuse à enchaîner plusieurs jeux de piste. Que ça se passe dans un aéroport, dans une usine ou au beau milieu de la rue, toutes les occasions sont bonnes pour braver les cheminées, passer outre les mastodontes de sécurité et échapper au regard vicieux des caméras de surveillance. Jeunet ne manque jamais d'idées visuelles et fait preuve d'une mise en scène toujours très dynamique. C'est malheureusement le scénario qui pêche un peu. La morale se révélant très/trop légère (vilains les marchands d'armes), reste à parier sur le charme des personnages (mouais) et la désormais mythique poésie propre à l'auteur. Malheureusement depuis Amélie, la sauce "Made in Jeunet" a légèrement tournée. Elle décrépissait déjà un peu sur le Long dimanche de fiançailles de Mathilde. Pour Micmacs, elle est affublée d'un goût de réchauffé qui a décidément du mal à passer. Jeunet s'auto-référence continuellement, du Delicatessen en veux-tu en voila quand ce n'est pas l'affiche du film-même que l'on est en train de regarder qui se trouve placardé sous nos yeux.

Paris aussi a perdu de sa superbe depuis le temps où Audrey Tautou parcourait les rues de Montmartre. Le jaune dit "ensoleillé" de la prise de vue qui participait jadis à la rusticité des décors des films de Jeunet se révèle ici d'une laideur sans nom auquel l'étalonnage numérique n'a certainement rien arrangé (un conseil Jean-Pierre, rappelle Delbonnel). Reste les acteurs, certains (Dussolier, Boon) par chance moins caricaturés que d'autres (Ferrier, Moreau). Bref, un Micmacs avec des airs de déjà-vu, globalement amusant mais malheureusement jamais jouissif.


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