indiroyaumecranecristal01Enfin voici que débarque en salles le film tant attendu ! Après avoir fait l’évènement à Cannes dimanche dernier, Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal est enfin visible partout en France ! Les critiques accusent ça et là une quelconque « banalité », du « déjà-vu » si ce n’est du « réchauffé ». Sortant à peine de la salle juste après avoir visionné les trois autres épisodes, je ne pouvais qu’être intransigeant quant à la qualité du dernier en date. Balayées les critiques mitigées, j’affirme et je signe : Steven Spielberg, George Lucas, Harrison Ford, Karen Allen et autres vétérans de la saga ont parfaitement rempli leur contrat en parvenant vingt ans plus tard à retrouver la verve qui animait les Indiana Jones d’autrefois.

1957. C’est la guerre froide. Indiana Jones et son ami Mac viennent d’échapper à une bande d’agents soviétiques à la recherche d’une relique antique. De retour à l’université où il enseigne, le professeur se voit suspecté par le gouvernement de comploter avec l’armée rouge. Indiana fait alors la connaissance d’un motard rebelle, Mutt, qui réclame son aide pour sauver sa mère. En échange, il le mettra sur la piste du Royaume du Crâne de Cristal, une terre autrement connue sous le nom d’El Dorado.

indiroyaumecranecristal02George Lucas nous avait mis en garde : pas question de se prendre la tête pour ce nouvel opus, le but est simplement de divertir, ni plus ni moins. On ne demande pas mieux car, ne l’oublions pas, le mot d’ordre de toute la saga Indiana Jones est d’être « efficace » avant tout. Harrison Ford ayant des cheveux blancs, pas de surprise, on change d’époque : vingt-deux ans après avoir devancé les nazis dans la quête du Saint Graal, Jones part à la recherche de l’El Dorado. Désormais il aura affaire à des Russes menés d’une main de fer par une Cate Blanchett comme toujours très inspirée. Par ailleurs, Spielberg fait le tri entre anciens et nouveaux personnages manière de coller à la doctrine originelle. En conséquence, réapparition de Marion, la dulcinée de toujours, faute de trouver une petite midinette à se mettre sous la dent (ouf ! On a frôlé la débauche). La paternité est également de mise : comble du sort, Harrison prend la place dévolue à Sir Sean Connery ! Shia LaBeouf, dans le rôle du fiston, n’est pas pour autant un personnage éminemment sympathique ; plutôt le reflet d’une jeunesse américaine à l’orée des sixties. Spielberg s’amuse d’ailleurs beaucoup à décrire l’époque, à coup de références stéréotypées, entre bars branchés yéyés et motards soignés façon Brando.

indiroyaumecranecristal03Indiana Jones et le Crâne de Cristal est néanmoins un opus légèrement plus lent que les autres épisodes de la saga. Vieillesse oblige, Harrison n’est plus aussi fringant qu’autrefois (quoique toujours aussi doué) et parallèlement, le rythme du film en pâtie un peu. Soyons francs, ce qu’on veut c’est de l’action ! Or la première heure est jonchée de discours et de descriptions en tous genres dont on se passerait bien volontiers. En revanche, le film surprend dans sa deuxième partie qui, comme on s’en doutait, finit par livrer son lot de péripéties palpitantes à souhait (coup de chapeau à cette magistrale scène de poursuite en jeep qui aboutit sur des fourmis massacreuses). Les effets spéciaux sont relativement old school mais restent extrêmement efficaces. On n’en attendait pas moins du cinéaste quant au climax final – après avoir lorgné du côté de l’action, du western, du fantastique et du merveilleux, on ne peut que se réjouir de voir apparaître des effluves de science-fiction. Espérons que nous n’en soyons pas encore à l’aboutissement ultime de la mythologie Indiana Jones. On est gourmands (et certes un peu utopique) mais on en demande encore !