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Passionné de comédies musicales, fervent admirateur de Meryl Streep et loin d’être allergique au disco, c’est tout naturellement (et sans honte !) que je suis allé voir Mamma Mia !. Il a toujours été de tradition à Hollywood d’adapter les comédies musicales à succès, qu’elles viennent de Broadway ou d’ailleurs. A l’origine, Mamma Mia ! est un spectacle de nationalité anglaise écrit par la britannique Catherine Johnson et qui repose sur les plus gros succès du groupe suédois ABBA. Direction la Grèce et l’île de Kalokairi où Donna (Meryl Streep) dirige un charmant hôtel. Sa fille, Sophie (Amanda Seyfried) s’apprête à se marier et souhaite plus que tout que son père la conduise à l’autel. Seul souci : elle ne l’a jamais rencontré ! Pour connaître son identité, elle se faufile dans les affaires de sa mère et déniche son vieux journal intime. A l’arrivée, trois pères potentiels. Qu’à cela ne tienne, elle les invitera tous au mariage…

 

 

 

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Avant d’aller plus loin, il est nécessaire d’accepter l’esthétique ultra-kitsch dont le film fait les frais. Rajoutez à cela que l’image est le cadet des soucis de la réalisatrice Phyllida Lloyd et vous êtes parés. OK, dans un premier temps ça reste en travers de la gorge, mais une fois la pilule avalée, plus de soucis, on est parti pour deux heures de folie. Car Mamma Mia nous réserve un flot de surprises (certes pas toujours bonnes mais surprises quand même). Côté positif, donc, on notera la jolie performance de Meryl Streep qui assure avec brio l’exercice qu’impose le genre (chant + danse). C’est dire, on en oublie qu’elle a dix ans de trop pour le rôle. En revanche, on ne sera pas aussi clément concernant son partenaire masculin incarné par Pierce Brosnan. Si d’un premier abord il peut sembler charmant, attendez qu’il pousse la chansonnette... On vous parlait de surprise, en voila une bonne : le Brosnan dévoile (certes à son insu mais bon…) un potentiel comique vraiment insoupçonné quand il donne de la voix. Cela dit, on pourra se montrer globalement déçu du casting concernant les trois papas potentiels, moins à la hauteur que les rôles secondaires, certainement engagés dans le seul but de balancer des vannes à tout va (ce en quoi Julie Waters et Christine Baranski excellent tout particulièrement). Ce serait pour sauver la mièvrerie des situations et la nullité générale du scénario que ça ne m’étonnerait pas. Car autre surprise : le script n’est que prétexte à pousser la chansonnette, et en conséquence, il frôle en permanence le naufrage.

 

 

 

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Pourtant, l’idée de monter une comédie musicale sur les tubes d’ABBA est loin d’être mauvaise. À la réflexion, un réalisateur et un scénariste un tant soit peu compétents auraient pu en tirer des merveilles. Bien entendu, concernant la musique, tout est question de goût, si vous exécrez le groupe, je vous déconseille bien évidemment d’aller voir le film. En revanche, dans le cas où le disco serait votre tasse de thé, alors la magie opèrera sans doute et les premières notes de « Dancing Queen », « Gimme gimme » ou « Voulez vous » suffiront à vous dérider. Oui, Mamma Mia est de ces films qui fonctionnent à contre courant. L’image a beau être on-ne-peut plus laide, le scénario complètement incohérent et les chorégraphies d’une naïveté affligeante, on se surprend quand même à prendre du bon temps.  C’est le comble, Mamma Mia  vient prouver que même en cinéma, le ridicule ne tue pas. Qui l’eut crû ?